31/03/2004Ma réactionIls me font chier les socialistes ( c'est dit !)
Bien sûr Raffarin s'est prit une baffe ! Bien sûr son gouvernement a été maladroit et Chirac n'a pas répondu aux espérances de mai 2002 et de ses 82% d'électeurs !
Mais il n'y a aucune raison pour que le Président de la République, de quel que bord qu'il soit, change radicalement de politique à partir d'une éléction régionale. Rien ne l'y oblige constitutionnellement.
Alors ceux qui se dressent en criant à la mort de la démocratie, à l'injure au sufrage universel, feraient mieux de plancher sérieusement sur un programme qui tienne la route au lieu de crier au loup.
J'ai pas d'à priori, je suis prêt à entendre toute personne de bonne volonté.
Et merde ! 24/03/2004Aux vestiaires madame Irma !!! Entendu cette semaine à la radio dans la bouche du directeur d'un institut de sondages.
" Les élections régionales 2004 sont d'autant plus importantes que le dernier rendez-vous des français avec les urnes remonte à 2 ans et que le prochain n'aura pas lieu avant les prochaines échéances. "
On connaissait déjà leur perspicacité, mais là, je suis confondu...
Et celui qui gagne les élections, c'est celui qui a le plus de voix ? 18/03/2004REVEIL !!!!!!!Je ne sais pas trop ce qu'il se passe, mais depuis un certain temps, je note qu'il y a de moins en moins de commentaires.
Je ne parle pas de mes billets, mais où sont passés Jean d'Ormesson, l'empêcheur ou vous tous qui interveniez dans presque tous les journaux...
Pourtant, le niveau reste égal, et le site s'est même enrichi de nouveaux membres vraiment brillants, drôles, pertinents ou impertinent, de quoi s'amuser non ?
Mais rien ! Plus de colères, de disputes, de belles interventions...
Allez ! ON SE MOTIVE !!! 11/03/2004Rencontre.Le métro est bondé.
Elle parvient à se frayer un passage et s'approche des portes...
La cinquantaine, pas belle, mal attifée, les cheveux filasses et un visage boursouflé par l'alcool. Une vie difficile, c'est évident... Presque la cloche.
Une station passe, puis une autre. Elle reste immobile devant les portes, le regard dans le vide.
La rame commence à ralentir et elle relève la tête. Elle est juste devant la vitre.
Elle relève la tête et regarde son image avec attention.
Et avec un geste gracieux, merveilleusement délicat et féminin, elle remonte une mèche de cheveux.
Elle était devenue belle. 05/03/2004Histoires de lard (avec hache majuscule !)Coeurs sensibles s'abstenir...
Je suis allé hier soir au vernissage d'une petite exposition sise rue de Montmorency. J'en connaissais un peu la teneur pour être passé la veille dans la galerie où l'on m'avait invité à y revenir le lendemain.
Ce que je fis.
J'en suis ressorti un peu nauséeux. Non pas que je sois allergique à la production contemporaine, mais là, le sujet traité n'était rien moins que sanglant.
J'entre ("le peuple fuit, le sacrifice cesse") et me retrouve face à nez avec une charmante photo montrant un homme nu couché sur une croix, le corps chargé d'un cochon éventré dont une meute de jeunes gens extirpe allègrement les viscères, se couvrant de sang, de tripes et d'excréments; A côté, dans un cadre en bois clair, un linge appliqué sur un visage rappelait d'une manière explicite le Saint Suaire de Turin. la photo suivante montrait le même cochon, pour le coup totalement éviscéré, suspendu directement à la croix... J'en conclue qu'on a les dieux qu'on peut.
Le reste de l'exposition était en l'occurence une virulente critique de notre société de consommation, mais ça, vous l'aviez compris.
Je me retourne avec difficulté, la foule qui se pressait là ne parvenant pas totalement à me boucher la vue d'une vidéo présentant des "performances" de l'artiste.
C'est un masque de vieillard hideux posé sur son visage et jouant pendant cinq minutes avec les deux même masques enfilés sur ses mains. C'est aussi une énorme paire de fesses en latex déféquant à intervalles réguliers dans une bassine en tôle émaillée de laquelle une jeune femme soustrait un peu de matière pour s'en barbouiller le visage.
Ce sont enfin deux sinistres pantins pendus à un câble et se tortillant lamentablement, muent par un ventilateur invisible.
Une délicieuse soirée vous dis-je...
Et pourtant, tout commençait mal et j'ai bien cru que ma sortie allait finir en eau de boudin tant l'exigüité du lieu et le nombre d'invités m'en empêchait l'accès. Heureusement que le proprio de la galerie est venu me tirer de ce mauvais pas.
Histoire de tailler une bavette, quoi !
En rentrant chez moi, dans un métro viandeux, j'ai eu tout loisir de repenser à un charmant ouvrage consacré au photographe John-Peter Wilkins, feuilleté récemment chez un ami.
Première photo: Un cheval crucifié, le ventre entièrement ouvert, les membres antérieurs à demi arrachés (pas simple de crucifier un cheval...)
Photo suivante: Une très belle jeune femme assise dans un paysage bucolique. A y regarder de plus près, on s'aperçoit avec horreur que ses jambes ne sont que d'horribles moignons, que sa mains, sur laquelle elle pose si délicatement son visage, n'est terminée que par d'informes excroissances de chair qui tiennent lieu de doigts. D'ailleurs elle n'a qu'un bras, et son corps est lacéré par d'affreuses cicatrices.
Et ainsi de suite, des cadavres humains jouant aux échecs, un pénis remplaçant l'aiguille de la pendule, des fétus installés dans une jolie composition de chambre d'enfant etc etc...
Toutes ces compositions sont très esthétiques, d'un équilibre exquis...Le premier regard rappelle des oeuvres de Chardin tant l'effet général est agréable à l'oeil, anodin.
Rendre beau l'innommable, donner de la noblesse à des corps meurtris, nous forcer à voir l'horreur avec un oeil différent; C'est là, je crois, le propos du photographe.
Rentré chez moi, je tombe sur un article paru dans "libé" lundi 1er mars. Il y est question d'un médecin-sculpteur allemand, Gunther von Hagens, qui s'emploie à "plastiner" des corps humains et à les présenter lors de grandes expositions (14 millions de personnes se sont déjà pressées pour voir ces 200 corps !)
Le problème, c'est que la provenance des macchabées est douteuse...
Oh bien sûr, il y a quelques donneurs, mais on murmure aussi qu'il se fournirait en Chine, heureuse de lui refourguer ses condamnés à mort, jeunes de préférence, l'effet n'en étant que plus réussi...
Lu dans "libé" hier : "Gunther von Hagens, l'auteur de l'exposition de cadavres "plastinés", a été condamné à 144 000 € d'amende pour usurpation du titre de professeur"... sans commentaire.
Je me suis mangé une petite laitue. C'était délicieux...
03/03/2004Vous, moi : Nous De temps à autre, je relis les journaux laissés sur ce site, écris au gré des vos inspirations; Les motivations sont diverses et tous me plaisent, tous trouvent leur justification, quels qu'en soient les contenus.
J'aime ce site. Ne nous voilons pas la face, même ceux qui déposent des photos parfois peu agréables à regarder ont raison de le faire...
J'ai envie d'imprimer les billets les plus significatifs pour les compulser plus facilement tant-il est vrai que feuilleter un ouvrage, même un empilement de feuillets, restera toujours plus agréable que de titiller une souris.
Je ne le ferai sans doute pas.
J'ai parfois des réactions étranges en les lisant; Il m'arrive de m'agacer et de laisser un commentaire un peu vif... En regrettant aussitôt de l' avoir écris...
La dernière fois, cela m'a valu de me retrouver dans la "black-list" de l'auteur. Et puis quelques jours après, je n'y étais plus.
Un dialogue s'en est suivi; Riche, fort, troublant même. Il y est question de masques, d'attitudes face à ce support particulier qu'est Internet en général, l'écriture en particulier. Tout y est possible: La pause, le mensonge, la mythomanie.
Quoi qu'il en soit, à un moment où à un autre, le masque se fêle ou tombe, ne laissant voir entre les mots que l'image d'une tristesse cachée, d'une révolte qui n'ose pas dire son nom, de la désillusion ou de l'incompréhension.
Ils sont comme ça nos journaux; Les vôtres, le mien.
A un moment, une vérité s'y fait jour; Pas La Vérite, mais en tout cas une certaine vérité, celle que l'on essaye de cacher, de se cacher...
Effet de miroir; Si je m'ennerve sur un texte, c'est bien souvent qu'il me renvoie une image de moi que je connais trop bien pour l'accepter, un petit bout de ma vérité qui s'entrecroise avec la vôtre.
Et entre les mots, par delà les mots, il y a Nous; Peut-être plus nous que dans la "vraie" vie... 02/03/2004C'EST PAS MOI! C'EST LUI! Vous revenez de loin !
Ou alors c'est moi...
Mais pour en revenir, il faut d'abord y aller et là, la force m'a manqué.
J'avais décidé de confier à ce journal les peines qui me gâchent la vie depuis une semaine mais au dernier moment, j'ai préféré prendre le téléphone et appeler une de mes tantes. Et comme il s'agit de peines familiales, il m'a semblé plus judicieux de laver le linge en famille.
Le téléphone arabe (ou corse en l'occurence) fonctionnant bien, l'autre m'a appelé dans l'heure qui a suivi. Elles me disent qu'elles m'aiment et ça me fait du bien.
Sachez seulement que j'ai passé ma matiné au téléphone à épancher mon chagrin et mon amertume de voir le patrimoine familial (puisque c'est ce dont il s'agit) foutre le camps pour d'obscures raisons.
Bien sûr, vous me direz que les cercueils n'ont pas de poches mais tout de même, quand on a grandi dans un certain cadre et que l'on sait qu'on ne verra plus jamais les objets familiers ou alors dans un musée pour certains, ça ne fait pas plaisir...
Il en va des choses commes des gens, il faut savoir faire son deuil; C'est sans doute ce qui s'appelle grandir.
Mais si je n'ai pas dormi cette nuit, ce n'est pas tant à cause de cette dispersion, non.
Si je n'ai pas dormi, c'est que je fais l'objet de pressions ! D'un odieux chantage! Oui! Oui! cher lecteur !
Pas plus tard qu'hier soir, j'ai reçu des menaces peu amènes de la part de membres de ce site (un en particulier !!!)
- Quoi ! Et ton journal !! T'écris plus rien depuis le 18 février !!! T'as intérêt à t'y remettre dard-dard sinon ça va chauffer !!!!
Bref j'ai promis, supplié un improbable pardon et suis allé me coucher tout pantelant en me demandant ce que diable j'allais bien pouvoir écrire !
Comme je suis un grand gosse, j'ai allumé une lampe année 70;
Vous savez, ces lampes à huile dont le nom m'échappe (en ont-elles d'ailleurs un ?) composées d'un mélange de deux liquides, huile et eau je suppose.
Elles ont une vague forme d'obus transparent.
C'est très amusant ce truc et je ne me lasse pas de la regarder.
Le processus est toujours le même mais les enchaînements sont souvent différents.
Au début, rien ne se passe.
Une masse compacte tapisse le fond de la lampe, éclairée en dessous par le truchement d'une ampoule allogène.
La chaleur aidant, la masse commence à gonfler, tout doucement, à se dilater.
Parfois une bulle d'air emprisonnée crève le mince épiderme et se lance en dandinant vers la surface.
Et puis la masse grossit, grossit et se soulève lourdement en une longue colonne qui part mollement à la verticale et se sépare d'une partie laissée au fond. C'est pas très élégant mais les couleurs sont jolies... violet pour la matière aqueuse et jaune d'or pour l'huile.
Et c'est pas fini !
La masse restée sur le fond prend une couleur de plus en plus vive, comme un soleil posé, et de petites bulles de matière commencent à s'en détacher. Pendant ce temps, la colonne molle est devenue pâte informe au sommet de la lampe. Elle commence aussi à s'éclaircir puis retombe, entraînant dans sa chute les petites bulles d'or qui montent difficilement vers la surface.
Une fois au fond, c'est très étrange; La pâte molle est absorbée par la masse incandescente restée en bas. Elle se soulève une dernière fois comme si elle voulait s'échapper de l'emprise de la matière brûlante, mais au lieu de repartir en colonne, elle se sépare en boules dorées qui ressemblent à des oeufs et qui montent plus ou moins rapidement vers la surface, selon leur densité.
Une fois qu'elles commencent à refroidir, elles retombent, se mèlent de nouveau à la masse chaude et le ballet recommence. Les boules se croisent, s'entrechoquent, s'absorbent, montent et retombent.
Le plus long reste quand même la première phase. D'ailleurs la notice mentionne bien que si la pièce est froide ou la lampe posée dans un courant d'air, le processus n'en sera que plus long...
C'est bête non ??
En attendant, j'ai passé la nuit à tourner et me retouner en me demandant ce que j'allais bien pouvoir écrire dans ce foutu journal !  |